La petite femelle, biographie de Philippe Jaenada

La petite femelle – Philippe Jaenada

« Car je ne crois pas qu’elle ait été mauvaise, perverse, insensible et cruelle, comme on l’a si souvent dit : je crois même qu’elle était l’opposé de tout cela. » P.J.

 La petite femelle est un roman biographique écrit par Philippe Jaenada. Il retrace la vie de Pauline Dubuisson, victime d’un scandale médiatique en 1953. Pour la première fois, j’écris un article lecture sans avoir terminé le roman ! Je culpabilise ; j’avoue. Mais je vous expliquerai tout ça plus tard…

Résumé

C’est en novembre 1953 que le scandale éclate : la France entière découvre le visage de Pauline Dubuisson, celui d’une beauté ravageuse qui a tué son amant de sang froid. Les médias s’en donnent à cœur joie et réécrivent sa vie : inspecteurs, journalistes et romanciers, tout le monde ajoute son grain de sel ; tout le monde la déteste. Les faits et gestes de Pauline, passés et présents, sont passés au crible.

« La petite femelle est le récit d’une chute. La beauté du livre tient en partie au fait que le geste de l’écrivain consiste à se pencher vers Pauline Dubuisson pour l’aider à se relever. »
Le Monde des livres

Élevée à la dure par un père qui ne jure que par l’action et le savoir, Pauline fait très tôt connaissance avec l’érudition et les théories kantiennes, dont une qui hantera sa vie : réussir, ou mourir. Sa mauvaise réputation commence à se construire pendant la seconde guerre mondiale. Son père, industriel, fait affaire avec les allemands et côtoie les hautes sphères d’une ville sous contrôle nazie. Quant à Pauline, elle découvre sa sexualité avec les soldats allemands ; et ça, il semble que tous les français vivants encore 1953 s’en souviennent.

 Dotée d’une ambition remarquable et sans faille – ou presque, Pauline n’a qu’une idée en tête : devenir médecin. Elle rencontre Félix Bailly à l’université. Un jeune homme de bonne famille, très conventionnel, qui la demande en mariage dès le premier coït. (J’avoue que je trouve ce mot assez drôle, et je n’ai pas souvent l’occasion de l’employer !) Malheureusement, le schéma de « la femme au foyer préparant le dîner pour son mari adoré » ne colle pas à Pauline Dubuisson.

On résume : ambitieuse, intelligente, obstinée, aime le sexe, indépendante. Autant de qualités requises pour se faire bien voir dans les années cinquante !

Avis

Par où commencer ?

L’écriture

La première chose que j’ai appréciée dans ce roman, c’est l’écriture de Philippe Jaenada. Ne vous attendez pas à lire une biographie classique, truffée de dates et de détails barbants. Non, ici vous en apprendrez beaucoup sur Pauline Dubuisson, mais également sur l’auteur, qui adoooore les longues digressions sur sa vie personnelle. Ça pourrait gêner la lecture, mais au contraire, ça apporte de la légèreté au recit.

Jaenada rend le livre drôle, parce qu’il le dote d’une ironie satirique, parfois grinçante. Et pourtant, le sujet n’est pas humoristique de base. Et c’est là que j’en viens à :

L’injustice ( ou l’histoire du féminisme )

Ce roman rend justice. Il rend justice à une femme qui a eu le malheur de penser à elle en priorité, que son éducation a poussée à être dure, studieuse et ambitieuse. Autant de qualités requises pour un homme, mais certainement pas pour une femme dont la place est au foyer – MDR. Pauline était condamnée avant même que le scandale éclate. Entre les hommes frustrés qu’elle ne s’intéresse pas à eux – elle couche avec « tout le monde », pourquoi pas moi ? – et les vieilles peaux en manque de coïts, on est servi !

Ce qui me frappe c’est à quel point tout, je dis bien TOUT, a été déformé pour la desservir. Un exemple : pendant la seconde guerre à Dunkerque (ville où elle a grandi), un policier français la surprend dans un parc avec un soldat allemand. La déposition dudit policier est simplement un signalement : il a vu Pauline et un allemand discuter dans un parc. Au début du scandale, la presse et les journalistes retombent sur cette déposition et – oooh magie – ils n’étaient plus en train de discuter, mais de s’embrasser. Et Pauline a même eu l’audace de répondre au policier d’aller voir ailleurs – ah bon ? Mais pour vendre une biographie sur cette « perverse, hystérique, instable », il faut plus : ça fini donc en coït – oui, encore, pardon – derrière les buissons du parc.

Pourquoi je n’ai pas – encore – terminé le roman ?

Une des raisons est que le roman est très dense. Il y a beaucoup d’informations, de digressions et c’est long à lire. Je ne trouve pas cela gênant, mais il n’empêche que c’est pas le genre de roman que vous lisez d’une traite. En plus d’être dense, il est long – en nombre de pages. Habituellement je ne précise pas ce genre de détail parce que je n’aime pas les gens qui pensent qu’un livre trop long est forcément difficile à lire, mais là c’est le cas !

Il y a également une autre raison : l’histoire de Pauline me fait trop de peine. Je suis du genre à être à fond dans ma lecture et là, elle me rend vraiment triste. La pauvre Pauline se prend tout dans la gueule alors qu’elle n’a rien demandé ! Alors je lis petit à petit pour éviter de m’y plonger trop profondément. Ce qui me touche le plus c’est la déformation médiatique – les sources modifiées, les témoins gênants écartés etc – et l’acharnement, le déferlement de haine sur Pauline. Tout ça parce qu’elle représentait le contraire de ce que la société prônait pour une femme.

Et quand on y réfléchit, c’est très actuel !

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à commenter !

L’article est maintenant terminé et j’avoue que j’ai beaucoup aimé l’écrire. Il y a énormément de choses à dire sur ce roman, autant sur le fond que sur la forme. Je vous conseille vivement de lire, même si effectivement il est assez dense. N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire, j’aimerais beaucoup savoir ! Et la nouveauté du blog : une newsletter ! Vous pouvez vous abonner et vous recevrez un mail par semaine avec le récapitulatif des articles de la semaine. Si c’est pas fou ça !

A très vite, portez-vous bien,
Love, Lilli.

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2017-12-01T19:57:49+00:00

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