La meilleure contraception est celle que l'on choisit

La meilleure contraception est celle que l’on choisit

Pilule, anneau, stérilet hormonal, stérilet au cuivre, patch, implant, injectables… Si facile de choisir ?

La dernière fois nous parlions de protections hygiéniques, de choix et d’intimité. Nous restons aujourd’hui dans la même thématique pour parler de contraception féminine. Quels choix avons-nous vraiment ? Entre pressions sociales, parfois familiales, mauvaise information ou encore rejet par notre propre corps, pouvons-nous objectivement choisir notre contraception ?

La pilule, saint Graal de la contraception

La pilule est souvent la première contraception prescrite par notre gynécologue ou médecin. Le premier rendez-vous est pris et paf, en 20 minutes, vous ressortez de là avec une prise de sang à faire et une prescription de trois mois. J’exagère un peu… Mais pas tant que ça ! Ce qui m’interloque – j’adore ce mot – c’est qu’à aucun moment on nous parle d’autres contraceptions.

Petite question à vous-même : avez-vous le souvenir d’un cours d’éducation sexuelle, au collège ou au lycée, dans lequel on vous aurait parlé d’autre chose que de la pilule comme moyen de contraception ? (Je passe sur le préservatif, dont on nous parle beaucoup – et heureusement !) Même chez votre médecin ou gynéco ?

Pourquoi j’ai arrêté la pilule ?

Je n’ai rien contre la pilule en elle-même, j’en veux plutôt aux médecins de nous la prescrire coûte que coûte. Personnellement, j’ai pris la pilule assez jeune, vers 15 ans, et, jusqu’à mes 18 ans, tout allait bien – ou presque. J’avais pris un peu de poids, mais rien d’alarmant. Mes jambes avaient cependant tendance à gonfler, et ma circulation à se détériorer – jambes lourdes, pieds froids etc. Ça s’est gâté pendant ma première année de prépa : beaucoup de stress et d’angoisses, mauvaise hygiène de vie, dépression – youpi – et pour couronner le tout, problèmes de thyroïde. La plus belle année de ma vie.

Tous ces symptômes avaient accentué ceux que j’avais avant, et ma vie hormonale était devenue un enfer. Je sentais bien que ça venait de quelque part, et j’ai donc décidé de changer de pilule, une première fois… Puis une seconde fois. Au bout d’un an et demi de test, ça n’en finissait pas d’empirer, et j’ai donc arrêté complètement. Et, ô miracle, en un an, tout s’est arrangé : plus de problème de thyroïde, plus de crises existentielles, perte de poids, regain d’énergie, bref, tout roulait ! Sauf qu’il me fallait bien une contraception.

Et – attention, phrase à caractère épique – là à commencé mon combat pour le stérilet.

La meilleure contraception est celle que l'on choisit

La quête du stérilet

J’ai décidé de continuer sur ma lancée épique.

J’ai découvert le monde fascinant des gynécos aux idées bien arrêtées. Premier rendez-vous au planning familial de Lyon – Valmy : je demande clairement à changer de contraception, précisant que je ne veux plus prendre la pilule – jamais. M’étant pas mal renseignée, j’avais en tête le stérilet au cuivre, sans hormone ; je lui demande donc. Elle commence par me dire gentiment qu’elle veut bien me le poser – je me dis : “coool” ; sauf que non. Elle enchaîne ensuite sur les douleurs excessives que cela provoque(rait) chez une femme qui n’a pas encore eu d’enfant, allant même jusqu’à comparer la pose d’un stérilet à un accouchement. MDR.

Premier échec. Je vous passe les autres rendez-vous : “vous risquez d’avoir des problèmes de fertilité”, “il n’y a pas de stérilet adaptés pour les jeunes filles”. ALERTE : tout ceci est faux.

J’ai fini par avoir le nom d’une sage femme via un autre planning familial, et elle a accepté – merci. Tout s’est bien passé : la pose a duré 10 minutes et honnêtement je n’ai pas eu mal. Il y a juste un moment critique où les contractions ressemblent à de grosses douleurs de règles, mais c’est surmontable – largement. Par contre, j’ai moins fait la maligne la nuit d’après ; j’étais pliée en deux de douleur. C’est tout à fait normal puisque le corps met 24h/48h à s’adapter au stérilet – mais n’empêche que ça fait mal. Au bout d’une semaine, je ne sentais plus rien, et après un dernier rendez-vous pour vérifier que tout allait bien, j’ai la confirmation d’être tranquille pour 5 ans.

Fin de l’épopée ; joie, bonheur et paillettes.

La pilule n’est pas l’unique moyen de contraception

Ce qui m’a donné envie d’écrire cet article, c’est le numéro du 1 le journal Le 1 intitulé “Faut-il arrêter la pilule” ? Je ne vais pas vous faire un compte rendu de ce qui y est dit, mais je vous conseille d’aller jeter un coup d’œil aux articles / travaux du médecin et écrivain Martin Winckler, et même d’aller acheter le numéro du 1 si ce sujet vous intéresse. On y apprend beaucoup de choses, notamment sur les lobbys pharmaceutiques à qui la pilule rapporte gros ou encore sur l’incapacité financière des chercheurs.ses qui travaillent sur de nouvelles contraceptions – ou, devrais-je dire, le blocus financier exercé sur ces scientifiques.

De plus, un tableau très complet vous informe sur les différents moyens de contraception, leur efficacité ainsi que leur coût et éventuel remboursement. La contraception est encore loin d’être remboursée à 100%…

Lorsque je cherchais à me faire poser un stérilet, les gynécos qui étaient contre cette idée mettaient en avant tous ses points négatifs, en me disant notamment que c’était moins sur que la pilule. Haha. Eh bien c’est faux. Selon les chiffres du ministère de la santé, le stérilet au cuivre à une efficacité pratique de 99.2% alors que la pilule de 91%. Conclusion : ne prenez pas pour argent comptant tout ce qu’on vous dit, même si ça vient d’un médecin. Faites vos recherches, en faisant toutefois attention aux sources. Je ne dis pas que le stérilet est un remède miracle – encore que pour moi, si – mais ne vous arrêtez pas à ce dont on vous parle, à ce que “on” dit.

Implant, stérilet hormonal, stérilet au cuivre, injectables, anneau vaginal, pilule, patch, diaphragme, préservatif masculin, cape cervicale, préservatif féminin, méthode billings, retrait, méthode des températures, spermicides. Finalement, on a pas mal de choix…!

Qu’avez-vous pensé de cet article ? Laissez moi un petit mot !

J’espère que cet article – long… – vous aura plu ! Cela faisait un petit moment déjà que je voulais l’écrire, mais j’attendais d’avoir retrouvé une contraception stable pour vous en parler. N’hésitez pas à partager votre expérience et vos avis en commentaire ! Si ces sujets vous intéressent, allez lire mon article sur les protections hygiéniques : j’avoue que dit comme ça, ça ne fait pas rêver, mais n’avez-vous jamais eu envie de savoir de quoi sont fait vos tampons et autres protections ? Et quelles alternatives existent ? Si oui, allez le lire !

Vous pouvez également vous abonner à la newsletter juste en dessous : vous recevrez un mail par semaine avec le récapitulatif des articles postés !

On se retrouve très vite pour un nouvel article,

Love, Lilli.

VOUS POUVEZ ME SUIVRE SUR LES RESEAUX SOCIAUX : 

ET VOUS ABONNER EN BAS DE LA PAGE 

NEWSLETTER | LeLilliBlog

2018-01-10T16:29:30+00:00

6 Commentaires

  1. Céline 15 janvier 2018 at 17 h 53 min - Reply

    Super article, je te reconnais bien avec ton humour détonnant!!!
    Très intéressant de “confronter “la réalité avec ton expérience personnelle.
    Article éclairant sur le poids des labo. (hum, hum, hum).
    BRAVO

  2. Fille à Paillette ✨ 16 janvier 2018 at 15 h 41 min - Reply

    Coucou,

    Merci pour cet article qui enlève la pilule de son piédestal. J’ai pris la pilule pendant très longtemps aussi et c’st que que quand on a 16 ans et qu’on veut un moyen de contraception on nous oriente directement vers la pilule sans trop nous présenter autres options. Sous pilule je n’avais plus de règle plus rien, je trouvais ça cool, je me sentais plus libre sans contrainte… Cela fait 2 ans que j’ai arrêté la pilule et j’ai tout redécouvert d’un coup, les règles, les changements d’humeur, les calculs de cycles, de ovulations, les sensations… J’ai eu l’impression d’être une jeune ado qui découvrait son corps alors que j’avais 26 ans ! Je me sens beaucoup mieux maintenant, oui j’ai mes règles et parfois c’est pénible mais l’idée que mon corps ait été sur “pause” pendant presque 10 ans me fait peur. Désormais je me tourne plus vers le naturel en essayant de prendre le moins d médicament possible et d’être au plus près de mes sensations.

    Des bisous

    Morgane
    http://www.fille-a-paillette.fr

    • admin 16 janvier 2018 at 20 h 59 min - Reply

      Merci pour ton commentaire ! C’est vrai qu’en arrêtant j’ai aussi redécouvert des “sensations naturelles”, et surtout ça a atténué tous les symptômes que j’avais avec la pilule. Psychologiquement ça me ferait bizarre de ne plus avoir de règles… En tout cas, merci d’avoir partagé ton expérience ! 🙂

  3. Cindy 16 janvier 2018 at 22 h 19 min - Reply

    Coucou, j’ai eu quasiment le même parcours. C’est aussi grâce à mon mari que j’ai commencé à me poser des questions sur la pilule et ses effets.
    Du coup, j’ai mené une enquête pour la contraception sans hormone et j’ai rencontré un refus de mon gynécologue quant à me poser un strérilet puis je suis retournée le voir, j’ai insisté et il a accepté. Par contre, contrairement à toi j’ai souffert lors de la pose, après la pose et pendant au moins 1 mois. Tellement que je pensais que le stérilet m’avais déchiré ou perforé quelque chose.
    3 ans plus tard, tout va très bien. Plus d’effets secondaires lié à quelconque prise d’hormones, même la douleur pendant les règles est moindre. Moi aussi je le recommande autour de moi mais c’est incroyable cette réticence qu’ont les femmes. Certaines me disent qu’elles ne souhaitent pas de corps étrangers à l’intérieur de leur corps, ok mais au final la pilule fait plus de mal que ce corps étranger et c’est prouvé. D’autres ont peur de la douleur etc. En tout cas, c’est vraiment triste un monde où l’argent a plus de poids que la santé…

    • admin 2 avril 2018 at 15 h 35 min - Reply

      Effectivement ça arrive régulièrement que les douleurs se prolongent, j’avoue que pour ça, j’ai eu de la chance ! En tout cas, je suis contente que finalement, tu aies pu te sentir mieux. Je pense que la réticence qu’ont les femmes vient du fait que nous ne sommes pas du tout informées ! Et comme tu dis, je pense que le plus gros “problème” est qu’un stérilet rapporte beaucoup moins qu’une pilule pour les lobbys…

Ecrire un commentaire